Forum Africa urban/Nairobi 2026 : Alexis Gisaro Muvunyi défend une nouvelle vision fondée sur les corridors et les partenariats privés

Forum Africa urban/Nairobi 2026 : Alexis Gisaro Muvunyi défend une nouvelle vision fondée sur les corridors et les partenariats privés



Prenant la parole au «Forum Africa Urban», qui se tient à Nairobi au Kenya, du 8 au 10 Avril 2026,  le ministre d’État en charge de l’Urbanisme et Habitat de la République démocratique du Congo, Alexis Gisaro Muvunyi, a présenté une stratégie ambitieuse pour transformer en profondeur le développement urbain du pays.


‎Face à une urbanisation galopante  plus d’un million de nouveaux citadins chaque année la République démocratique du Congo entend rompre avec un modèle jugé « vicieux », caractérisé par une croissance urbaine non planifiée, la prolifération de quartiers précaires et une incapacité chronique à financer les infrastructures.

‎Dans son intervention, le ministre a dressé un constat sans détour : « ce modèle est insoutenable, tant socialement que financièrement ». Pour y remédier, le gouvernement congolais propose de passer d’une logique réactive à une planification anticipative.

‎Au cœur de cette réforme figure un Plan décennal (2026-2035), qui prévoit l’élaboration de plans directeurs d’urbanisme pour les 26 chefs-lieux de province, avant toute expansion majeure.
‎Ces outils intégreront des technologies modernes comme les systèmes d’information géographique et les « jumeaux numériques », afin d’anticiper les besoins urbains et les risques.


‎Autre pilier de cette stratégie : le développement de corridors économiques structurants, à l’image du Corridor de Lobito. Loin de se limiter à des axes de transport, ces corridors sont conçus comme de véritables leviers de transformation économique.

‎Le gouvernement congolais prévoit ainsi de structurer une dizaine de villes secondaires le long de ces axes, en les spécialisant dans différents secteurs : transformation minière, logistique, agro-industrie ou encore production de matériaux de construction.

‎L’objectif est clair : créer des écosystèmes économiques intégrés capables de générer de la valeur ajoutée localement, tout en favorisant l’émergence d’une classe moyenne régionale.

‎Conscient des limites des financements publics, l’exécutif congolais mise fortement sur les partenariats public-privé (PPP). « L’État ne peut pas tout financer », a insisté le ministre, plaidant pour une approche orientée vers le marché.

‎Cette stratégie se concrétise notamment à travers le projet Kinshasa Kia Mona, une extension planifiée de la capitale sur 43 000 hectares. Le projet prévoit la création de 1 200 usines en cinq ans et jusqu’à 2,25 millions d’emplois directs sur une décennie.

‎Le mécanisme repose sur un modèle innovant : l’attribution de concessions foncières à des investisseurs privés, en échange du financement et de la réalisation d’infrastructures urbaines et industrielles. À terme, ce programme pourrait accueillir jusqu’à 5 millions d’habitants et mobiliser près de 50 milliards de dollars d’investissements.


‎À travers ces réformes, la RDC ambitionne de transformer le « cercle vicieux » de l’urbanisation en un « cercle vertueux », où planification, investissement privé et croissance économique se renforcent mutuellement.

‎« On ne subit pas l’urbanisation, on l’anticipe et on la finance », a résumé le ministre, appelant à une coopération renforcée entre États africains et partenaires internationaux.

‎Présente à Nairobi pour cet échange, la délégation congolaise a réaffirmé sa volonté de partager son expérience et de s’inspirer des meilleures pratiques du continent, dans l’objectif de bâtir des villes africaines « résilientes, inclusives et autofinancées ».

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